Le temps doux de l’été
Cet été, il a fait chaud, très chaud, Chaud à en faire suer les murs et pleurer les jours d’hiver. On aurait dit une fièvre. Bouillonnante aux tempes, corrosive. Qui s’installe jusque dans les couloirs brûlants des appartements vieux d’un temps où le dérèglement climatique n’était pas si préoccupant… Elle s’est accrochée partout cette fièvre.…
L’avenir de l’homme
R egarde L’homme est beau Regarde l’homme qui est beau et qui sait qu’il est beau Il a la barbe il est glabre ses cheveux sont longs ses cheveux sont courts il est musclé son ventre est tendre il rit il pleure il est grand il est petit il est taiseux il est bavard ses…
Un merveilleux tas de merde
Auprès de ma bouse, je jardine l’avenir. L’entassement d’excréments sème le trouble sur le monticule exposé plein sud. L’amas fécal murmure les secrets de l’alpe au massif du fond de vallée. L’odeur vivifiante de neige s’éboule dans les couloirs d’avalanche estivaux. Une troupe de niverolles alpines chante. Des dizaines de zuihk-zuihk rauques longent les falaises…
mitakidera
à mitakidera je me souviens avoir pensé à 粋 à mitakidera je me souviens avoir pensé à toi à mitakidera j’ai dû penser à toutes les trajectoires qui ont croisé la mienne — il n’y a pas d’autre possibilité à mühlebachfall je découvre les sources du ciel à mühlebachfall je vois les reflets de…
Souffler contre le temps pour adoucir la peur
Le temps ne recule pas. C’est l’impression qu’il donne. L’effet qu’il fait aux corps. C’est comme il est. Souvent j’ai peur. Des jours qui passent, des rides qui tracent, des os qui cassent. J’ai peur pour les autres, enfin pour moi. Pour moi de perdre les autres. C’est égoïste peut-être. Est-ce que les autres aussi…
alt+0183
Tu es apparu dans ma vie comme un pont et tu sais, j’ai toujours aimé les ponts. Ceux qui font le lien et qui enjambent les frontières. Ceux qui nous rapprochent , qui nous mettent ensemble. Alors : : je ne pouvais que tomber en amour. J’avais déjà une belle relation avec le tiret cadratin qui…
L’Écrire ! (Et si c’était) multiple.. ? – ou démultiplié, je veux dire.
La ponctuation d’un texte, c’est son souffle. Et chaque écrivaine a le sien. Son rapport au souffle. Il y a celles qui écrivent en sanglots, l’écrire est alors marqué par des soubresauts, tout veut se dire en même temps, les choses les plus sensées et vraies et d’autres, franches, irréfléchies, ne désirant pas être travaillées,…
Break Free
Corps céleste Piliers de la Création en effervescence,bras tendus en direction de l’infini,dans le froid glacial de l’obscuritéoffrant un havre de …
Par la voix
Sans te toucher je m’approcheEt je te saisis par la parole Attaché par mes phrasesChuchotées dans la pénombreTu te débats contre la tessitureDe ma gorge Je te suce avec ma voixMes mots condensent sur ta peauIls laissent des tracesDe morsures Je taille tes fantasmesÀ la flèche de ma langue Et quand mon verbe effleure enfin…