Ebauche et chiquer le charbon
Ébauche Je te dessine au fusain Des yeux charbonneux Pour la douleur et la beauté Tu refuses de me les ouvrir Tu refuses Tant que je n’ai pas adouci mon trait Frotté le graphite sous la pulpe de mes doigts Mes doigts sont noirs, maintenant …
La Sentinelle lacustre
Maman, 7 juin 1960[1]. Née à Fribourg dans un couvent pour «filles-mère», élevée par les poissons dont elle envahissait la baignoire petite (brochets, perches et perchettes, ce qui passait (encore) sous la canne à pêche quoi) et les lapins qu’elle soignait et puis qu’elle a appris à tuer, préparer, cuisiner. Par ses grands-parents aussi: Suzanne[2] et Pierre[3].…
Vues à la télévision
J’entends les médias leurs crisressasser les bombes et les malheursentre deux tares pandémiques Je vois les vérités -nul doute- d’un monde punisans justicela boîte ne sait que raconter l’horreuret la détresse encoreet moi je ne fais que partager la leurla compassion s’endortavec la boîteet sans efforts ce que l’on fait?balayer les images noirescolorer son monde enchantébien…
La tête sur terre, les pieds dans les étoiles
“Elle n’a qu’à ouvrir l’espace de ses bras pour tout reconstruire” chantait déjà Cabrel. Il ne l’a pas cherchée sur Mars, que je sache. L’espace ressasse a priori les contours du vide, de l’immensément grand. Les extrémités infinies qui semblent le délimiter, tant et pourtant qu’il n’en a de tangibles, éloignent encore un peu plus…