Souffler contre le temps pour adoucir la peur
Le temps ne recule pas. C’est l’impression qu’il donne. L’effet qu’il fait aux corps. C’est comme il est. Souvent j’ai peur. Des jours qui passent, des rides qui tracent, des os qui cassent. J’ai peur pour les autres, enfin pour moi. Pour moi de perdre les autres. C’est égoïste peut-être. Est-ce que les autres aussi…
Juste un mot s’il vous plaît
Nous sommes des nuagesBus par la terre, bus par le ciel* Ou buvons-nous le ciel, mangeons-nous la terre ?Les opposées s’attirent, s’éloignentLes paradoxes, on aime, c’est sageChaque élément a son contraireSon contraire est parfois sa paireLes extrémités rapprochées sont aussi des couples séparés Nous sommes des bouchesImbues de terre, imbues de verresBourrées de motsLes mots…
Petits merdeux, bande de jalouses
À mon paps, C’est en réalité la petite brume de Jean-Pierre Rochat qui a motivé ce texte conçu pour rompre les clichés jaloux adressés par des petits merdeux. Petite brume, c’est une tragédie moderne en une journée qui raconte la mise aux enchères du domaine agricole de Jean Grosjean, paysan dont la partenaire s’en est…
Vues à la télévision
J’entends les médias leurs crisressasser les bombes et les malheursentre deux tares pandémiques Je vois les vérités -nul doute- d’un monde punisans justicela boîte ne sait que raconter l’horreuret la détresse encoreet moi je ne fais que partager la leurla compassion s’endortavec la boîteet sans efforts ce que l’on fait?balayer les images noirescolorer son monde enchantébien…
La tête sur terre, les pieds dans les étoiles
“Elle n’a qu’à ouvrir l’espace de ses bras pour tout reconstruire” chantait déjà Cabrel. Il ne l’a pas cherchée sur Mars, que je sache. L’espace ressasse a priori les contours du vide, de l’immensément grand. Les extrémités infinies qui semblent le délimiter, tant et pourtant qu’il n’en a de tangibles, éloignent encore un peu plus…
Une prison pour une autre
Âmes sensibles ne pas s’abstenir. Un frère, une sœur, un parent, une amie, une connaissance, une inconnue et puis merde, des êtres humains, comme toi et moi. Pour leurs familles qui parfois ont eu un peu plus de chance…si l’on peut encore parler de chance, c’est l’angoisse et l’impuissance. Chaque jour les échos de toute…
Au masculin pour le neutre
tituber sur le toit du monde affaissé par le tempsà cloche-pied sur un fil de plomb prendre un instantpour penserl’homme vu d’en hautet voir c’est par les yeux pas par les mainsles choux, bleus, les ballons, les épées, le viril dans la chair, ou past’es quoi au juste, de plus ou de plus faitun sexe…
Solitudinée
C’était juste Moi, pas ma conscience et Moi pas ma raison et Moipas eux et Moi NON Moi toute seule toute simple sans autres artifices humains –sang, peau, sans police et sans biens, sans détails de trop– juste Moi dans la solitude, la solitude autour de Moi, Moi comme une pierre polie dans la roche…
Souffle d’automne
Le passé du tempsAvait jauniSa robe d’émeraude que lesArchets du ventD’un souffleFont valser. Sur les arpèges de cette mélodieEphémèreElle s’émancipe, fanée de souvenirs,Fanée d’hierEt s’ébruite en silence sur les gammes étourdissantesDu présentQui vient la cueillir.Elle s’élance à contretemps,Et danse,Bercée par la ballade tournoyanteDes notes envoléesDe l’automneEt dans les bois endormis,Sur les airs de cet instantD’insouciance,La…