Il s’est tué le temps; le sais-tu ?
Détenu par tant de nuées
Tant d’étangs et de déserts
Tu n’es nu que par tons, tu
Nuis par détente et partant
D’antan, tu mues et déterres
Tant d’édentés, de terriens errants
Des terres en n’étais-tu naguère amant?
Tu l’as tué, le temps sur la Terre.
***
Requin-tigre
Tes yeux glissent sur moi
Comme ces pierres plates qui échappent à nos pieds
Je me noie dans l’onde de tes yeux
Et dans ton sourire carnassier
Je regarde les nuages défiler
Dans le bleu de tes yeux
Et si le temps n’efface pas tes remords,
C’est promis, je te dévorerai.
***
Sur mon corps
S’entremêlent des visages
Sourcil fugueur; nez essoré
Les dents filées d’or à l’oeil passager
Il est temps.
Il est temps il est temps comme voyage
Il est temps il est tel
Un paysage qu’on défait d’un battement
Et quels cils! Il s’endort; il roupille lentement.
Sur les flots édentés les navires s’effileront
Sur les tempes du temps je reviendrai voguer.