Temporalités

Il s’est tué le temps; le sais-tu ?
Détenu par tant de nuées
Tant d’étangs et de déserts

Tu n’es nu que par tons, tu
Nuis par détente et partant
D’antan, tu mues et déterres
Tant d’édentés, de terriens errants

Des terres en n’étais-tu naguère amant?
Tu l’as tué, le temps sur la Terre.

 

***

 

Requin-tigre
Tes yeux glissent sur moi
Comme ces pierres plates qui échappent à nos pieds
Je me noie dans l’onde de tes yeux
Et dans ton sourire carnassier
Je regarde les nuages défiler
Dans le bleu de tes yeux
Et si le temps n’efface pas tes remords,
C’est promis, je te dévorerai.

 

***

 

Sur mon corps
S’entremêlent des visages
Sourcil fugueur; nez essoré
Les dents filées d’or à l’oeil passager

Il est temps.
Il est temps il est temps comme voyage
Il est temps il est tel
Un paysage qu’on défait d’un battement
Et quels cils! Il s’endort; il roupille lentement.

Sur les flots édentés les navires s’effileront
Sur les tempes du temps je reviendrai voguer.

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J’ai retrouvé sans peine l’endroit de nos haltes, tant il demeure inscrit au plus profond de ma mémoire. Je crois que je pourrais fermer les yeux et, sans même tâtonner, m’y diriger tout droit.

Raphaël Aubert, Sous les arbres et au bord du fleuve & autres récits. 2021.

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